photographie argentique      pourquoi photographier des oiseaux  comment photographier des oiseaux Les dix conseils pour une bonne photo de safari

  Important : prenez en cabine tout ce dont l'absence transformerait votre safari photo en désastre : boîtier, objectif mais aussi chargeur, batteries, cartes mémoires, ordinateur et disque dur externe. Ne laissez voyager en soute rien de précieux ou d'indispensable ! Si un bagage est égaré, des vêtements peuvent vous manquer mais il y a toujours moyen d'y remédier, remplacer un appareil photo est plus problématique...

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Conseils sur le matériel Argentique versus numérique, un débat obsolète ?

          Il n'y a plus de match, la photographie de safari est numérique, soit avec un bridge pour les amateurs, soit pour la photographie expert ou pro avec un reflex numérique à capteur de format APS-C ou 24x36. C'est quasiment un débat obsolète en 2009, le numérique a gagné par KO en photo animalière. On ne trouve pratiquement plus d'ailleurs sur le marché de reflex 24x36 argentique neuf.  Le tableau comparatif ( déjà ancien et dépassé : il date de 2006 !) que vous trouverez sur la page "argentique" est maintenant totalement déséquilibré au profit du numérique, qui ne perd son avantage que quand les possibilités d'alimentation électrique sont nulles ou presque. Ou lorsque l'on est allergique à tout tripatouillage de l'informatique...

       Certes, c'est à chacun de choisir selon les critères qui sont pour lui déterminants, esthétique, côté pratique, goût pour les gadgets ou au contraire aversion de l'informatique... Nous avons choisi le numérique, au départ 300 D Canon, malgré tous les défauts du numérique en général et du 300 D en particulier, complété ensuite par un autre numérique Canon moins basique, puis d'autres boîtiers expert ou pro... On remarquera que le 300 D au début de sa commercialisation était vendu au prix d'un reflex argentique expert.... Le nombre de photos faites a ainsi connu une inflation considérable, hélas très supérieur à l'augmentation du nombre de bonnes photos faites !

       On peut dire en simplifiant que seuls quelques esthètes continuent ou continueront à utiliser l'argentique en photographie animalière de safari.

 Choix bridge ou reflex

"bridge"

     Sauf exception (je n'en connais pas), les amateurs experts délaisseront le bridge, appareil à objectif non interchangeable, muni d'un zoom qui peut monter à un équivalent 24x36 de 400 mm et plus. Ils lui reprocheront  les inconvénients qui suivent :

                          - son viseur électronique :pour l'instant encore, il est moins agréable, moins lumineux, moins performant que celui des reflex ; de gros progrès seront sans doute accomplis dans les toutes prochaines années

                           - son objectif fixe : il a un piqué moindre que ceux des reflex , encore que l'on puisse en discuter si on ne parle pas des optiques reflex pro, et surtout il est moins lumineux, de plus il est souvent limité du côté grand angle à 28 ou 35 mm équivalent 24x36, exceptionnellement moins.

                           - son capteur : il est de petite taille, parfois même très petite, ce qui favorise la montée du bruit dès 400 ISO ou moins et ce qui donne une profondeur de champ parfois trop importante, car on recherche souvent un sujet net bien détaché sur un joli fond flou ("bokeh"). Les reflex les plus performants permettent d'utiliser des sensibilités de 3200 ISO et plus, les bridges sont souvent limités à 200 ISO exploitables, d'autant que le nombre de leurs photosites augmente sans cesse : beaucoup plus de photosites égale photosites beaucoup plus petits, d'où signal beaucoup plus faible nécessitant une amplification beaucoup plus importante avec pour résultat un bruit thermique et un bruit chromatique beaucoup plus importants.

                            - les agrandissements importants lui sont interdits, les meilleurs donnent de bons A4, mais guère plus. En revanche, pour une utilisation amateur, en tirage 9x13 ou 13x18 ou équivalent (les bridges sont souvent de rapport 4/3 et non 3/2), les résultats sont parfaitement acceptables et avec un bon post-traitement le A4 ne devrait pas poser de problème. En revanche, le bridge est parfaitement adapté pour une utilisation sur écran, puisque la plupart des photos des amateurs ne sont jamais tirées sur support papier. Le traitement logiciel des images d'un "compact" (grosso modo, un bridge sans viseur électronique et avec un zoom d'amplitude plus limitée) ou d'un bridge est conçu pour donner une photo de format jpg (donc directement exploitable, imprimable, visible par tous les logiciels) qui est accentuée et a un bruit lissé de manière à pouvoir être utilisée directement sans post-traitement. On peut reprocher à ce traitement d'être parfois même un peu excessif, donnant une image 'flashy" type carte postale, très marquée "numérique", mais les bons bridges évitent cet écueil plus fréquemment rencontré sur certains "compacts".

                              - enfin, les bridges sont souvent affectés d'un retard au déclenchement assez important, même si des progrès ont été faits et se poursuivent.

        Le bridge présente pourtant des avantages qui en font un choix très raisonnable pour beaucoup d'amateurs : pas de batterie d'objectifs encombrants, onéreux, tout est toujours disponible, sans changement d'objectif le risque de poussière sur le capteur est nul (ou presque, l'étanchéité n'est pas toujours parfaite), le coût du matériel est (relativement, relativement) réduit, les possibilités de macrophotographie sont réelles et faciles à toutes les focales en bénéficiant au mieux de la profondeur de champ plus importante.

reflex

           Le reflex s'adresse plus à l'amateur éclairé, qui sait jongler avec diaphragme, profondeur de champ, mesure d'exposition. Le reflex est presque immédiatement en action, le temps de latence entre déclenchement et prise de vue est des plus courts, la gamme d'objectifs utilisables va, en plein format, du 14 au 800 mm chez Canon, du 14 au 600 mm chez Nikon (je ne parle que des objectifs actuellement réellement en vente, pas des spéciaux sur commande au prix d'une limousine de luxe). Les possibilités d'autofocus, de cadence, de mesure d'exposition, de télécommande, de transmission Wi-Fi, de vidéo sont superlatives, le safari idéal exige un reflex numérique récent avec les optiques appropriées et les accessoires qui vont bien.

Choix de l'objectif : petit télé, moyen télé ou long télé ?

        On peut très bien faire tout un safari avec un 70-200, on risque d'en revenir avec de belles photos mais tout à fait frustré par toutes celles que l'on n'a pu faire...   Il faut penser que le hors piste n'est permis qu'à de rares endroits dans le Serengeti ou le NCA (région de Ndutu), et encore bien souvent sur le principe du pas vu-pas pris, donc on ne peut pas toujours s'approcher autant que l'on voudrait, dans le cratère le hors piste est absolument exclu, les rangers sont omniprésents et impitoyables, les chauffeurs le savent. 
          Dans le cratère du Ngorongoro en Tanzanie, ou dans beaucoup de parcs du Kenya (ou d'Afrique du Sud), les animaux sont certes habitués aux voitures et beaucoup moins farouches que dans les parcs du nord de la Tanzanie ou de ceux du sud où les visiteurs par an se comptent en centaines et pas en milliers ou dizaine de milliers. Mais même dans le cratère, des scènes de loin, kill, rhinos, oiseaux (flamants, aigles), hippopotames dans leur hippo pool bénéficieraient bien d'un 300 ou 400 (ou plus long si affinités), et ce même en tenant compte du coefficient des petits capteurs qui fait qu'un 100 mm cadre comme un 150 mm (Nikon, Sony) ou un 160 mm (Canon). Attention, le x mm ne devient pas un 1,5 x ou un 1,6 x mm, il garde, à grandissement égal, toutes ses caractéristiques optiques, notamment piqué, profondeur de champ, diffraction.

       Je conseille très fortement d'avoir un boîtier de secours. Au besoins, soit se faire prêter un vieux boîtier, soit acheter d'occase un "vieux"  6 ou 8 Mpx, cela peut se trouver en bon état de fonctionnement à moins de 300 €) qui servira de boîtier de secours. Imaginez-vous avec un boîtier Canon (pas au hasard) en erreur ERR 99 le premier jour du safari... Et bien, ça nous est arrivé sur un 40 D tout neuf (moins de 15 jours), et si nous n'avions eu que lui, bonjour les dégâts.
Monter dessus le 70-200 pour les scènes d'ambiance, les groupes, troupeaux, etc.
       On peut se servir du "mulet" pour monter dessus un grand angle pour les paysages, ou un autre objectif moins sollicité. Cela peut également permettre de limiter les changements d'optique et donc le dépôt de poussières sur le capteur.
        Et sur le boîtier principal, le plus performant of course, on peut monter un objectif plus long. Louer/acheter/se faire prêter un 300 (f/4 L IS ou Sigma ou mieux si affinités) ou si l'on peut un 400 de marque ou non. Même, à la rigueur sans stabilisation, comme le Canon EF 400 f/5.6 L (non IS) car des photos à main levée, on en fait, mais aussi et encore plus en appui sur un bean bag sur le toit ou la fenêtre.

           Un 300 (mini) ou mieux un 400 est aussi utile pour les oiseaux, même les faciles comme les photogéniques rolliers ou étourneaux superbes, et encore plus pour les calaos, jabirus, cigognes diverses et autres hérons divers, dont il serait dommage de ne pas tirer le portrait. Si l'on s'intéresse vraiment à l'avifaune, un 500 mm devient le minimum, et, même avec un appareil à grand capteur 24x36, un 600 mm, voire un 800 mm.
On trouvera sur l'excellent forum Chassimages des discussions sur les téléobjectifs ou zooms abordables (ou à peu près), avec des opinions différentes des miennes, ce qui peut en faire l'intérêt.
Notamment ici sur les 300 mm,  là avec le 70-200 ou bien encore ici. Et ça, rien que pour les boîtiers Canon, il doit y en avoir bien d'autres...

OBJECTIFS SAFARI A MASAI MARA

Zooms ? ne pas les oublier !

            Dans le même ordre d'idée, le zoom est souvent pratique, même si c'est au détriment  de la qualité optique. Détriment d'ailleurs modéré et souvent sans conséquence pratique en utilisation normale des photos, c'est à dire sans sortir de A3 ou posters !

Et les grand-angles ? Aussi !

          Sans être Bill Brandt ou, plus animalier, Nick Brandt, les grands angles sont des objectifs qui doivent faire partie de l'arsenal du photographe en safari ! Pour les couchers-levers de soleil, les troupeaux, les beaux paysages africains, les photos d'ambiance au lodge ou au camp ! Et, si affinités (et talent, cf. le sus nommé Nick Brandt), pour la photographie d'animaux avec des résultats originaux. Il ne coûte rien (avec le numérique) d'essayer !

Accessoires

        Pied, tête fluide, flash, jumelles, rotules, pare-soleil, bean-bag, voire casquette, des accessoires pas si accessoires que ça ! Des informations sur leur intérêt en safari dans notre page matériel. Ne pas négliger chargeur, barrettes de prises électriques, adaptateurs de prise française -> anglaise et anglaise->française. Oui, les deux : supposez que les places soient chères, comme, pas au hasard à Ndutu pendant la grande migration des  gnous de janvier-février quand les équipes de photographes et cameramen pros trustent toutes les pourtant nombreuses prises disponibles. Vous débranchez sans barguigner une prise anglaise, branchez votre barrette multiprise avec votre adaptateur prise française vers anglaise et rebranchez la débranchée anglaise sur votre barrette grâce à l'adaptateur prise anglaise vers française ? Simple, n'est-il pas ?  Autre accessoire indispensable au numérique, le nécessaire pour nettoyer le capteur des poussières qu'il va attirer inexorablement, quelles que soient les précautions que vous prendrez en changeant d'objectif (même en prenant la précaution suprême de ne pas en changer !).

Matériel

            Toutes les marques sont bonnes, que ce soit Nikon ou Canon, les plus riches en gamme d'objectifs et d'accessoires, en nombre de boîtiers du bas de gamme (relatif) au matériel professionnel ou Sony, repreneur de Minolta, Pentax, au rapport qualité prix unanimement célébré, ou Olympus, Panasonic, Samsung, les adeptes du format 4/3 (capteur un peu plus petit, donc coefficient de conversion plus important, objectifs plus légers, avec en contrepartie des possibilités d'agrandissement plus limitées bien que suffisantes le plus souvent). C'est à chacun de faire son choix en fonction de ses habitudes, de l'adaptation à son cas (gaucher, type de visée, taille des mains, etc.). Nous sommes des utilisateurs Canon comblés par la qualité des optiques blanches, mais le hasard aurait pu en décider autrement, qui sait...

           Le superbe site de notre superbe (surtout avec sa casquette) ami Yvon, Picardimages, n'est pas uniquement dédiée à la photo de la superbe région picarde (et du Kenya), il comporte, entre autres, une section consacrée au matos que je ne saurais trop vous encourager de visiter, quelle que soit votre marque de prédilection, même si elle a encore quelques manques, comme, au hasard, la FTM du Canon EF 800 F/5.6 L IS...

Format RAW ou jpg

       Là aussi, le choix est facile ! Pour les non experts et/ou réticents en informatique, c'est le jpg, format compressé prêt à être imprimé ou lu par tous les logiciels et systèmes d'exploitation. Je conseille instamment le jpg de la plus haute qualité. Pour tous ceux qui veulent aller un peu plus loin, c'est le format RAW qui s'impose. C'est lui qui permet au mieux d'exploiter les possibilités de l'image donnée par le capteur. En revanche, tout a un prix, et là, le prix, c'est du temps passé à exploiter ses photos, même si des logiciels propriétaires ou non (Lightroom par exemple) permettent des traitements par lot.

Technique photo, rappels de base

         Ce n'est pas un cours de photographie, il existe d'excellents livres ou sites pour cela. Il n'est pas plus question de donner la recette pour faire de bonnes photos, si elle existait, je serais ravi de l'appliquer.
           Je n'ai pas compétence à vous asséner les règles intangibles de la bonne photo de safari, je pense que le meilleur moyen de progresser est de faire des photos, beaucoup de photos, et de regarder les photos des copains d'un oeil critique pour regarder ce qui ne va pas (nos galeries photos sont spécialement adaptées à cet exercice ) ou d'un oeil admiratif pour s'inspirer du meilleur (les sites de pros, Denis-Huot, Crocetta, ou d'amateurs experts, Delbecque, les sites de photographie animalière comme Nunda et sa galerie de photos sont là pour ça).
            Non, il s'agit plus modestement de rappeler, si besoin, quelques points clefs avec leur adaptation à la photo de safari.

Quels sont les paramètres d'une bonne photo animalière ?

            Je vais laisser la parole à bien plus qualifié que moi, à savoir Tony Crocetta, dans l'interview de lui que j'ai commise pour le site animalier NundaFoto :

Septième question Tu es un juge sévère de tes photos et de celles des autres. Qu’est-ce qu’il faut sur une photo pour qu’elle soit bonne à tes yeux ?

Tony - C’est difficile à dire, de donner des généralités ; tant de paramètres comptent pour qu’une image se démarque : mise au point, piqué, lumière, cadrage, sujet, comportement, fond, éléments parasites, choix de la focale, distance de prise de vue, profondeur de champ, rendu de la vitesse… Mixe tout ça et tu obtiens une infinité de variations qui fait que chaque photo est unique. Disons que j’aime bien les images avec juste un sujet et un fond dépouillé, un sujet que l’œil analyse puis reconnaît immédiatement et qui ne se déconcentre pas attiré par divers éléments parasites comme des branches ou un autre animal noyé dans le flou par exemple. Bien sûr, la qualité de la lumière est le constituant principal : sans elle, difficile de faire de belles images.

Tony Crocetta à Masai Mara

Tony dans son camp à Masai Mara

Grandissement, choix de l'objectif, téléobjectif...

             Les sujets sont souvent loin. Les portraits d'animaux sont l'épreuve imposée de la photo de safari. On comprend donc tout l'intérêt d'un téléobjectif, si l'on se rappelle que le grandissement (la taille du zèbre sur la pellicule ou le capteur par rapport à sa taille dans le bush) est proportionnel à la focale (un télé "grossit" plus qu'un grand angle) et inversement à la distance (vu de 200 m le lion sera tout petit, petit sur la photo, alors que s'il est contre le pneu du 4x4, on peut faire un gros plan de la pupille du minet). La situation est un peu différente si le hors piste possible, puisque l'on peut alors s'approcher jusqu'à la limite imposée pour garantir la tranquillité des animaux (généralement 20 m, mais en fait la plupart des grands félins ne sont pas gênés par une proximité plus grande, dans la mesure où ils ne sont ni acculés ni encerclés et gardent la possibilité de s'éclipser).

Lumière, l'essence de la photo et safari du midi

                La compétence d'un très bon chauffeur de safari comme notre ami Ally ne s'arrête pas au repérage des animaux, où ils excellent généralement, mais aussi au positionnement du véhicule en fonction de la lumière et de l'angle de prise de vue désiré. La photographie, écriture avec et par la lumière, est dépendante en premier lieu de celle-ci. Il est classique de dire que les bonnes photos de safari se font au lever du soleil (et avant) et au crépuscule, quand la lumière chaude et rasante met au mieux en valeur nos sujets. Je ne dirai évidemment pas le contraire, mais même avec la lumière dure et écrasante pour les reliefs du midi, je pense qu'il est dommage de négliger ces heures où l'affluence des copains safaristes est moindre, où un coin d'ombre peut abriter une scène intéressante, où un orage soudain peut changer en quelques instants une lumière sans intérêt en lumière dramatique à souhait. Au cas où cela ne serait pas clair, je suis pour le safari de 6h (et même plus tôt si le règlement le permet) à 18h30 non stop ! Un photographe professionnel qui est sur place 3 mois ou plus par an, qui y travaille 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, et qui vit de la vente de ses photos aura, et c'est normal, un point de vue bien différent, mais en tant que modeste amateur en trop court safari, nous ne pouvons faire les difficiles !

hyènes au petit matin dans le cratère du Ngorongoro
Hyènes au petit matin dans le cratère du Ngorongoro

Point de vue et composition, l'autre essence de la photo

               Si l'on excepte la lumière et si l'on suppose que les conditions techniques sont correctes, mise au point et exposition, choix de la vitesse et du diaphragme appropriés, c'est une quasi tautologie de dire que tout dans une photo dépend de l'endroit d'où elle est prise, le point de vue, et de ce qu'elle contient, la composition.

              Le point de vue en game drive (safari en voiture) est souvent obligé. Le positionnement du véhicule va dépendre de la présence éventuelle d'autres véhicules, de l'obligation fréquente de ne pas quitter la piste, de la nécessité de conserver la distance souhaitable pour ne pas perturber les animaux. S'y ajoute souvent la présence dans le véhicule d'autres photographes qu'il ne faut pas gêner. Il faut donc faire avec son positionnement imposé et profiter de la faible latitude qui est souvent laissée pour choisir le point de vue qui offrira la meilleure photographie. Avoir un oeil ou les deux yeux visibles, éviter les vues par l'arrière, plongée contre plongée, obtenir des vues de plein profil ou de face, c'est généralement ce qu'il faut privilégier.

               Le point de vue n'est pas seulement horizontal, il est aussi vertical, la photo peut être prise vers le bas, en plongée, un lion couché près du véhicule, ou vers le haut, en contre-plongée, un oiseau sur une branche haute. La plongée peut accentuer l'impression de fragilité d'un bébé guépard, qui semblera écrasé par son environnement, comme la contre-plongée peut mettre en valeur le côté dominant d'un rapace Mais d'une manière générale, on s'appliquera à éviter l'une comme l'autre, particulièrement la plongée qui écrase l'animal. Corollaire, les photos de près d'un animal au sol se feront plutôt en étant assis, en appui sur la fenêtre du 4x4 si l'on peut, les photos d'oiseaux en hauteur, les têtes de girafe... se feront plutôt debout, en appui sur le bord du toit. Quand on peut descendre de voiture, la position accroupie peut donner des photos de safari moins banales, mais il ne faut pas négliger un élément clef du safari, la prudence, un lion, un buffle, même un crocodile sont capables de vitesse et d'accélération assez étonnantes...

               Le cadrage dépend du point de vue (il se resserre quand on s'approche) et, à point de vue égal, de la focale utilisée, les télés cadrent d'autant plus serrés qu'ils sont longs en focale, les grands angles comme leur nom l'indique cadrent d'autant plus large que leur focale est courte... Le zoom permet de cadrer plus ou moins serré sans bouger. Sinon, si la focale ne change pas, c'est l'éloignement du sujet qui jouera.
Il faut soigner le cadrage. Notamment il vaut mieux faire attention de ne pas couper les extrémités, bout de queue, oreilles, voire moustaches... Un cadrage trop serré peut "étouffer" le sujet, un cadrage trop lâche le noyer dans le décor... Un fond flou peut faire ressortir au mieux un portrait. Le regard du sujet ne doit pas buter dans le cadre, il faut lui laisser un espace suffisant, sauf recherche d'un effet d'enfermement.

            La composition, ce qui est dans la photo, dépend du cadrage, du point de vue qui influe sur la disposition des éléments dans le cadre, et de la perspective, rapport des différents éléments de la photo entre eux selon les plans. On peut ajouter la profondeur de champ qui peut inclure ou exclure des éléments selon qu'elle est faible ou forte, il suffit de penser à ces photos derrière une grille ou un grillage qui ne se voit pas sur la photo quand la pdc est faible. La profondeur de champ peut et doit être utilisée comme un des éléments constitutifs de la photographie.
La composition doit mettre en valeur le sujet principal, l'oeil doit tout de suite comprendre ce qui est important dans la photo, le fouillis est à éviter.
Ce dont on ne peut douter, c'est que l'image comporte des points forts, sur lesquels les éléments importants de la photo gagnent à être placés, ces quatre points forts se trouvent à l'intersection des lignes verticales et horizontales qui divisent la photo en 3. Sauf effet de portrait (voir la Joconde et tutti quanti), le sujet principal ne sera pas placé au centre de la photo mais au tiers horizontal, de préférence le tiers gauche et regardant vers la droite pour un portrait en tête. Pour les photos comportant des éléments horizontaux comme horizon, ciel, on s'appliquera à les placer au 1/3 ou au 2/3 de la verticale, pas à la moitié, c'est la fameuse règle des tiers, dont l'on peut parfois se ficher comme du quart, mais qu'il faut connaître, ne serait ce que pour la transgresser en toute connaissance de cause. En effet, notre oeil ne "lit" pas les photos en bloc, il existe un sens de lecture qui est classiquement décrit comme allant de la gauche vers la droite et du haut vers le bas, en zigzags si la photo est assez grande. Une photographie qui correspond à ce sens de lecture serait plus appréciée. Il est à remarquer que seuls les occidentaux lisent de gauche à droite... Des lignes obliques dans le sens de lecture sont un bon point de la composition.

règle des tiers et points forts

Paramètres de prise de vue

          En dehors du choix de l'objectif (ou de la focale pour un zoom), d'autres facteurs de réglage de l'appareil influent sur le résultat esthétique de la photo. On a vu que la profondeur de champ (pdc)  pouvait jouer un rôle dans la composition, or elle dépend du diaphragme employé, plus il est fermé, plus la pdc est importante.

       Des effets artistiques évoquant le grain d'une pellicule peuvent résulter du bruit lié à l'emploi volontaire d'une très haute sensibilité ISO, même s'il faut éviter le bruit chromatique qui se traduit par des taches colorées et est peu esthétique.

         Une vitesse importante peut figer éclaboussures, insectes, alors qu'une vitesse lente sera exploitée pour obtenir un effet de filé, l'appareil bougeant en suivant le mouvement de l'animal, celui-ci sera à peu près net sur un fond flou "filé".

           Le réglage de la balance des blancs peut privilégier les tons chauds (vers les jaunes, température de couleur élevée) ou froids (vers les bleus, température de couleur basse en dessous de 4000 K).

            Enfin, une sous-exposition volontaire évitera de "cramer" les plumes ou poils blancs, a contrario une surexposition mettra en valeur des nuances dans un plumage ou un pelage noir.

Vertical ou horizontal

          La facilité pousse à utiliser l'appareil photo de la manière la plus simple qui soit, c'est à dire horizontalement. Il ne faut pourtant pas attendre d'avoir une girafe à cadrer pour se rendre compte que souvent, un cadrage vertical s'impose !  Cependant, il faut bien être conscient que les photos verticales sont d'une exploitation délicate dans les galeries et diaporamas.

Utilitaires Web et Internet

      Une fois revenus, vous voudrez bien sûr classer vos photos numériques, en faire des catalogues, les indexer, les traiter etc. Les utilitaires fournis par les fabricants d'appareil suffisent pour les opérations de base, voire un peu plus (ou beaucoup plus, cf Nikon Capture). Pour aller plus loins, classement, catalogue, traitement, nous n'avons pas trouvé mieux que Lightroom (après avoir utilisé ACD See, iView Media pro et Expression Media), aidé parfois de Photoshop CS. Pour la création d'albums, nous nous servons d'un programme d'utilisation facile, par ailleurs gratuit, Jalbum. L'essayer, c'est l'adopter, du moins pour un nul en informatique comme moi. Une visite à ce forum français d'utilisateurs de Jalbum s'impose.

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