safari photographique en Tanzanie  et au Kenya  conseils "argentiques"

 

Ruaha
appareil photo

on peut lire aussi :

photographie numérique et safari  

10 + 1 conseils pour safari photo

 pourquoi photographier des oiseaux ?

comment photographier des oiseaux ?

Recherche fournie par Google.com

 

 

APS, 24x36, moyen format ou chambre ?

       Hors le format 135 (24x36), pas de salut ! Les reflex utilisant le film format APS ont disparu, le format ne se prête pas au recadrage car déjà petit. Même si leurs résultats sont époustouflants dans leurs domaines de prédilection, les moyens formats ne sont que moyennement formatés pour le safari : ils ne disposent pas de très grands téléobjectifs ou même de grands téléobjectifs très lumineux, ils sont de par leur poids assez peu adaptés à la photographie de mouvements, d'oiseaux. Les chambres peuvent servir aux photographies de paysages mais leur usage serait très restreint car il est interdit de descendre de voiture dans les parcs et réserves, donc… Le Polaroid peut servir pour le portrait et, notamment, pour nouer des liens plus sympathiques avec les personnes photographiées que ceux résultant de libéralités sonnantes et trébuchantes. Il ne convient pas pour la photographie animalière.

     Adoncques, cette page est consacrée au film de format 135 utilisé dans un boîtier reflex. Pourquoi un boîtier reflex ? À cause des objectifs interchangeables, des flashes puissants, de la mesure de l'exposition TTL (à travers l'objectif, trough the lens)…

Films pellicules

Évidemment film couleur, inversible (diapositive) ou négatif ("papier" ). Le film noir et blanc est réservé aux prises de vue artistiques, en photographie animalière son usage est restreint, même si d'excellentes photos ont faites au Tri X et autre (cf. Nick Brandt).

Les films sont bien plus chers en Tanzanie qu'en France, on ne trouve pas sur place tous les types de films, notamment en inversible. Il est donc prudent de partir avec un lot conséquent (de 2 à 6 films 36 poses par jour, ou plus : "trop fort n'a jamais manqué"). Les films exposés sont plus sensibles à la chaleur, aux mauvaises conditions de conservation. Il faut les faire développer le plus rapidement possible, mais je conseille une grande prudence pour les développements en Tanzanie, je pense qu'attendre le retour en Europe est souvent préférable. Les films passent sans problème les contrôles RX des bagages à main dans les aéroports, il ne faut pas les faire voyager en soute (ce qui présenterait en outre un risque non nul de perte) où lex RX utilisés sont plus destructeurs. L'usage de sacs plombés spéciaux pour films est controversé, les contrôleurs peuvent augmenter l'intensité des RX pour "percer" l'opacité du sac et finalement les films peuvent recevoir une dose supérieure de rayonnement. En pratique, pendant nos vingt-cinq ans de voyage avec des films, nous n'avons jamais relevé de problème attribuable au contrôle RX, même avec des changements d'avion, des correspondances et donc des films irradiés 4 fois ou plus.

Un film sensible; 400 ISO, est recommandé, un bon compromis à mon avis entre sensibilité et rendu. Certains recommandent le 200 ISO, plus fin. Les photographies ont avantage à être prises dans de bonnes conditions de lumière, c'est à dire en début de matinée ou en fin de journée, une sensibilité élevée peut donc être utile, surtout si l'on se sert de multiplicateurs de focale : le converter x1,4 fait perdre un diaphragme, le converter  x2 en fait perdre deux. Un des gros avantages du numérique est qu'il permet extemporanément le changement de sensibilité ISO, de plus les capteurs modernes donnent de meilleurs résultats aux sensibilités élevées (800, 1000 ISO) que les films argentiques, les images ont moins de grain, un meilleur rendu colorimétrique, plus de finesse.

Achat : acheter ses pellicules en Europe

       On trouve sur place dans les boutiques des lodges des négatifs, mais pas forcément de la marque souhaitée ni dans la sensibilité souhaitée, il y a un risque de terminer un safari photo commencé en inversible Fuji Provia de 100 ISO avec du négatif Konica de 400 ISO. De plus les films sont beaucoup plus chers qu'en France et leurs conditions de conservation pas toujours optimales (ce qui est sans doute compensé par un turn-over rapide, il y a toujours peu de stock, parfois même pas assez). On peut penser à acheter ses pellicules dans des magasins free-taxe. À supposer que l'on y trouve ses pellicules préférées, il est loin d'être certain que l'on y fasse une économie significative …

Type de film : pas de fantaisie

        Utiliser son film habituel favori. Celui que vous connaissez, utilisez et aimez. Négatif ou diapositive ? Le choix de l'inversible (diapositive) permet un budget moins élevé (on ne fait tirer sur papier que les meilleures) sans compter les qualités de projection sans pareille (normal, c'est étudié pour). Attention, souvent on ne trouve sur place que du film négatif. Le choix du négatif permet de disposer d'une latitude d'exposition plus élevée et optimise le tirage sur papier (normal, c'est étudié pour). Je conseille donc plutôt le négatif si l'utilisation finale est l'album ou les tirages, grands ou non.

Sensibilité : viser 400 ISO

        Les pellicules sensibles actuelles ont fait de tels progrès en rendu des couleurs, finesse, granulation que l'on peut envisager de n'utiliser qu'elles pour un safari photo.

        Un film de sensibilité 200 ISO semble un minimum pour faire face à toutes les situations à toutes les heures de la journée, un 400 ISO est plus confortable (avec la contrepartie d'un grain plus apparent). Je dirai qu'un bon compromis consiste à emporter les deux et à passer de l'un à l'autre, un film est vite consommé au pays des safaris !

Nombre de films : beaucoup ! trop fort n'a jamais manqué

       Cela dépend des habitudes du photographe, entre celui qui canarde, shoote, déclenche à tout va et le minutieux qui soigne composition, cadrage, exposition et prend une photo quand son collègue au doigt lourd en prend 20. En fin de compte, c'est d'ailleurs peut être le minutieux qui ramènera le plus de clichés exploitables. Prévoyez large dans tous les cas (cf. acheter les films avant le départ).

      Si la réalisation de photos est accessoire, l'essentiel du safari étant stocké directement dans la matière grise, on peut se contenter de 5-6 films pour 8 jours sur place. De même pour le méthodique qui a décidé de ne photographier que le big five ou une ou deux espèces déterminées.

       Pour un vrai safari photo, prévoir au minimum 3 films de 36 poses par jour est prudent, beaucoup plus si l'on est un adepte de la rafale ! Et si l'on s'intéresse aux oiseaux, ce que je ne saurais jamais trop recommander, prévoyez bien plus !

       Une règle simple : emporter 2 fois plus de films que le nécessaire, ce qui permet de racheter sur place en quantité plus limitée ceux qui manquent en fin de séjour. Éventuellement même, tâtez du numérique, si, si je l'ai dit, sacrilège dans une page consacré au film !

Passage aux contrôles RX : pas de panique

       Pas eu de pb de films voilés avec des 200 et 400 ISO qui ont été exposés aux rayons 4 fois… Il faut faire développer dans les meilleurs délais les films exposés, mais je conseille d'attendre le retour en Europe, un développement et un tirage sur place sont possibles dans toutes les grandes villes. Je le déconseille pourtant, sauf urgence…

       Les pellicules exposées ou non doivent voyager en bagage à main, pas dans une valise en soute. Les risques de vol, de perte, temporaire ou définitive des valises ne sont pas à exclure, mais surtout les bagages en soute sont éventuellement soumis à des inspections aux rayons X plus brutales et dommageables que celles des bagages à main.

      Le matériel photo doit absolument être pris avec vous en cabine pour éviter tout risque de "perte" ou de détérioration. En cas de problème, ne vous fâchez pas mais indiquez-en simplement la valeur de remplacement.

Exploitation des films

      Pour obtenir des photos aux couleurs bien saturées, on recommande classiquement de sous exposer un ch'tit peu les films inversibles (de 0,3 à 0,5 IL) et de surexposer un chouia les films négatifs. Je conseille plutôt de poser juste, ce que tous les bons reflex de toutes les marques réussissent parfaitement si on les utilise correctement, et d'utiliser plutôt un filtre polarisant si l'on souhaite faire claquer ses couleurs !

      La conservation des films ne pose pas de problème si l'on pense à ne pas les laisser dans une voiture au soleil, où la température peut dépasser les 80 °C, ou dans le Lowepro noir au soleil (conseil valable aussi pour le matériel) et si l'on se rappelle qu'un film exposé est plus "fragile". On choisit des moments de calme, sans trépidations et sans poussière pour changer de film, bien que les boîtiers modernes simplifient énormément cette petite manœuvre (on présupposera que vous ne faites pas votre safari avec un Leica M)…

    La latitude de pose des inversibles est plus faible que celle des négatifs, il faut donc choisir en cas d'écarts importants de lumière de faire un choix et de poser pour la partie sombre ou pour la partie claire de l'image. Un petit coup de flash peut permettre de débloquer quelques situations de contre jour violent type oiseau sur la branche… Il peut aussi compenser la faible sensibilité ISO du film, notamment lorsque l'on veut gagner en diaphragmant de la profondeur de champ à courte distance.

     Pour remédier à une vitesse de prise de vue insuffisante sans recourir à un film ultra sensible (et ultra granuleux), une autre aide précieuse est la stabilisation de l'optique qui permet de gagner 2 diaphragmes ou plus ! Nous avons réalisé avec notre f 100-400 1 :4-5,6 L IS ou notre f 500 1:4 L IS beaucoup de photos à main levée qui auraient été floues sans la stabilisation IS.

Argentique versus numérique : un débat dépassé ?

      C'est à chacun de choisir selon les critères qui sont pour lui déterminants... Nous avons choisi le numérique, au départ 300 D Canon, malgré tous les défauts du numérique en général et du 300 D en particulier, complété ensuite par un autre numérique Canon moins basique... On remarquera que le 300 D au début de sa commercialisation était vendu au prix d'un reflex argentique expert....

C'est quasiment un débat obsolète en 2009, le numérique a gagné par KO, on ne trouve pratiquement plus sur le marché de reflex 24x36 argentique neuf. La faune sauvage est passée du côté du numérique !  

 

argentique

reflex "numérique"

conclusion

sensibilité

celle du film, exploitable en safari de 25 à 800 ISO

de 50 à 6400 ISO, voire 25 600 en Nikon...

disons 1600 à 3200 exploitables sur tous les meilleurs appareils

gros avantage numérique, possibilité de changer en cors de prise de vue

latitude de pose

élevée pour le négatif couleur

limitée pour l'inversible

limitée, mais la prise de vue en RAW et les logiciels type Lightroom, Photoshop offrent de bonnes possibilités de récupération des zones sur ou sous-exposées...

 

égalité : l'avantage du film est contrebalancé par les possibilités de post-traitement (lumière et ombre de Photoshop CS)

objectifs

conçus pour l'argentique au début, maintenant des modèles spécifiques numérique existent

affecté d'un coefficient multiplicateur qui supprime les grands angles (sauf modèle pro ou expert dits plein format : EOS 5D, EOS 1 Ds... Nikon D3... , mais la tendance est à la démocratisation du plein format)

problème des rayons tangents

avantage argentique en voie d'atténuation

autonomie du boîtier

très élevée

limitée (1/2 à 1 journée en safari pour le 300 D) à longue (Canon 1 D, 1 Ds)

avantage argentique (ou égalité si l'on a les moyens)

autonomie en support

faible, 36 vues au mieux

grande, plus de 100 vues

énorme avantage numérique

rapidité de mise en action

quasi-immédiate

plus ou moins selon la classe (= le prix) du boîtier

avantage argentique (ou égalité si l'on a les moyens)

possibilité de rafales

oui, cadence élevée en théorie

plus ou moins élevée selon la classe (= le prix) du boîtier, en pratique plus exploitable

avantage argentique en bas de gamme et numérique en haut de gamme

coût d'achat

faible à élevé

élevé à hors de prix

l'avantage argentique a disparu, on trouve des occasions à bas prix et les bas de gamme reflex sont compétitifs

coût d'exploitation

moyen (diapo) à élevé (tirages)

moyen à élevé

avantage argentique en bas de gamme et numérique en haut de gamme
- numérique très chronophage

résultats

excellents

bons à excellents et même plus qu'excellents, le Canon EOS 1ds Mk III ou le Nikon D3x sont censés boxer dans la même catégorie que le moyen format argentique

avantage numérique grâce aux possibilités offertes par le post-traitement, à la possibilité de multiplier les prises de vue

facilité d'emploi

grande

moyenne, nécessite un apprentissage particulier, notamment pour l'exposition, et pour l'exploitation ensuite  des connaissances informatiques sont nécessaires

avantage argentique

exploitation Internet

possible, longue, nécessité de passer au scanner ou de photographier les pellicules

facile, immédiate

avantage numérique

    haut de page