safari photographique en Tanzanie et au Kenya   la grande migration (partie 2) 

Ruaha

     partie 1 : gnous, reproduction et cartes de la grande migration   Grande migration, partie 2 : crossing, prédation   galerie des glaces gnous

          La grande migration des gnous (et accompagnateurs) avance en gigantesques troupeaux qu'aucun obstacle n'arrête. Pas même les lacs, au risque de s'enliser, pas même les cours d'eau qui sont traversés sans tenir compte des dangers, crocodiles, courant violent, berges escarpées, rochers casseurs de pattes. Les berges escarpées et l'entêtement des gnous conduisent ainsi à des pertes plus ou moins massives, comme en 2007 où le grand photographe Michel Denis-Huot nous a raconté avoir dénombré plus de 500 cadavres à l'heure dérivant dans la Mara à la suite du choix d'un lieu de passage particulièrement boueux, glissant et impraticable. Il a fallu que les rangers alertés par Michel interviennent pour stopper le massacre en détournant les arrivants... Il y a des photos impressionnantes de la grande migration sur le site de Michel et Christine Denis-Huot, certaines sont certes déconseillées aux cœurs sensibles, mais toutes sont conseillées aux amateurs de belles photos. Ainsi que l'ensemble de leur site et de leurs oeuvres, est-il besoin de le signaler ?

migration des gnous lac Masek Ndutu
Migration des gnous lac Masek Ndutu

Migration : gnous à Ndutu sur le lac Masek

        Migration des gnous et prédation

       La prédation et le braconnage (près de 50 000 victimes par an quand même) ne sont pas la principale cause de décès pendant la grande migration, puisque 60 % de ceux-ci seraient dus à des accidents, noyades, piétinements, ou à la maladie. En tout, entre accidents, maladies, prédation, près de 10 % du cheptel succombe pendant la migration, soit de cinquante mille à cent mille pertes selon les années... On estime que 80 % des pertes par prédation seraient dues aux lions, mais les hyènes prélèvent aussi leur tribut, particulièrement chez les parturientes. Les hyènes ne se contentent souvent pas des placentas et avalent  volontiers si elles le peuvent le rejeton et éventuellement pour faire un compte ventre rond l'accouchante. Parmi les prédateurs actifs, on trouve hyènes et tous les grands chats, lions, léopards, guépards. A deux ou à trois, ces derniers arrivent même à abattre de jeunes adultes. Les lycaons faisaient partie des chasseurs de gnous les plus redoutables mais ils ont été quasiment exterminés dans les dernières décennies du siècle précédent. Mais actuellement c'est donc les lions qui se taillent la part... du lion avec leurs 80 % de captures.
        Mais il ne faut pas oublier les crocodiles du Nil, of course.

"Crossing" traversée de cours d'eau

     Le crossing n'est qu'un court moment de la migration, quelques heures sur 8-9 mois de transhumance, mais ce sont des heures cruciales toujours, fatales parfois. Nos amis gnous (zèbres, gazelles) sont attendus. Avec combien d'impatience, combien ! La traversée de la Mgabaleti, de la Grumeti au nord-ouest (Western Corridor, corridor ouest) , la traversée de la Mara au nord-est sont des aubaines pour les crocodiles, ce n'est pas pour rien que ceux de la Grumeti comptent parmi les plus gros d'Afrique. On hésite au bord, on recule, on se trempe, on ressort. Et finalement on y va, à plusieurs. Et alors, c'est Byzance pour les crocos, quelles agapes chaque année, de quoi tenir jusqu'au prochain été ! Encore une fois, c'est le nombre qui sauve ! Les gnous dans la rivière sont si nombreux que l'on ne sait plus où donner du croc ! C'est à pleurer, toute cette nourriture gâchée qui va prendre pied de l'autre côté. C'est encore plus à pleurer, larmes de crocodile bien sûr, quand dérivent au gré du courant des dizaines, des centaines de gnous noyés, étouffés qui ne profiteront à personne, tant les ventres sont déjà pleins... Cette traversée des cours d'eau ou crossing qui n'est pas sans risque est pourtant parfois faite dans un sens puis dans l'autre la même journée, sans raison apparente, sinon le besoin grégaire de suivre le troupeau : dès qu'un "leader" s'est jeté à l'eau pour traverser, il est assuré, ou presque, d'être suivi du reste du troupeau...

Migration des gnous crossing de la Mara
Migration des gnous crossing de la Mara
Migration : gnous hésitant avant de traverser la Mara

Migration des gnous crossing de la Mara
Migration des gnous crossing de la Mara
Migration : gnous traversant la Mara

Migration : zèbre effrayé traversant la Mara
Migration zèbre et son petit en crossing dans la Mara
Migration : zèbres et gnous en crossing dans la Mara
Migration : gnous et zèbres dans la Mara
Migration : crocodile attaquant un gnou dans la Mara

Migration : crocodile et gnou, la rencontre fatale

Migration : crocodile attaquant un gnou dans la Mara

Migration : crocodile attaquant un gnou dans la Mara
Migration : crocodile attaquant un gnou dans la Mara

Migration : un crocodile a attrapé un gnou, drame à succès qui se joue et rejoue depuis des milliers d'année !

Migration gnous traversant la Mara avec attaque par crocodile
Migration gnous traversant la Mara avec attaque par crocodile
le drame est parfois plus feutré, comme ci-dessus à l'arrière plan, gnou happé discrète ment par un croco : museau en l'air, puis cornes seulement

Migration : crossing de gnous à Masai Mara
Traversée de la Mara en septembre à Masai Mara : on se sent (bêtement ?) plus en  sécurité en faisant le "crossing" à plusieurs

Le gnou est-il stupide ?

         Au niveau de l'individu, le comportement paraît suicidaire, passer et repasser dans le même endroit de la rivière manifestement peu ou pas praticable, servir de pâture aux crocodiles, faut pas être très malin, et effectivement notre ami gnou ne semble pas respirer l'intelligence. Mais selon un vieil adage à moi que j'ai, la nature n'aime pas gâcher et il suffit pour qu'une espèce soit viable qu'elle soit plus intelligente que sa principale source de nourriture. Avec les graminées de la savane, vous m'accorderez qu'il y a de la  marge.

        Et puis, ce qui compte, c'est la survie de l'espèce, et comme le flamant nain, l'espèce gnou a choisi une stratégie de survie qui repose sur le nombre. Il n'y a pas, il n'y aura jamais assez de crocos, de lions, de léopards pour mettre en péril la survie de l'espèce : ils ne tuent pas plus de proie qu'ils n'en peuvent manger, contrairement à l'Homme (cf. le tristement célèbre Buffalo Bill et les bisons d'Amérique). Et encore, ils tuent préférentiellement les solitaires, les attardés, les malades, ceux qui courent le moins vite, ceux qui n'ont pas de chance (la chance, ça se provoque, Napoléon avant de nommer un général ne demandait-il pas si l'impétueux impétrant avait de la chance ?). Débarrassée des poids morts (sic), des lents, des fourbus, des malingres, des poissards, l'espèce n'en profitera que mieux. Adoncques l'espèce gnous n'est pas stupide si l'individu gnou l'est..

Migration des gnous : sous la pluie...

Au revoir, amis gnous !

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