Safari photographique en Tanzanie  et au Kenya (et ailleurs... )  Parc national de Mahale
accueil photos mammifères oiseaux parcs de Tanzanie  carnets de voyage  safaris, conseils  photo animalière, conseils  lectures   liens  plan du site     nous écrire    rechercher

Mahale jour 1  Mahale jour 2  Mahale jour 3  Parc national de Mahale

Mahale... les montagnes de Mahale se trouvent sur la rive est du lac Tanganyika, où elles forment le parc national des Montagnes de Mahale. C'est un lieu unique, une haute montagne couverte d'une forêt pluviale qui croule jusqu'au lac, mer bleue d'eau tiède et profonde, la deuxième masse d'eau douce du monde (après le lac Baïkal).

Mahale est surtout connu pour héberger quelques 600 chimpanzés. Moins médiatisé que Gombe, la réserve où travaille Jane Goodall un peu plus au nord sur la même rive du lac, Mahale héberge un centre de recherches fondé et tenu par des scientifiques japonais.

Nous sommes partis très tôt du petit aéroport d'Arusha par l'avion de brousse, 1000 km environ et trois heures de vol. Nous sommes trois passagers à bord, nous nous arrêterons pour prendre deux personnes à Katavi, et ensuite, direction le nord et le lac. Celui-ci nous apparaît bientôt à gauche, une mer bleue User image. Au loin, la rive s'élève, de gros nuages nous masquent les montagnes. Puis elles nous apparaissent enfin User image.

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Image jointe n°3

La piste se devine, trace d'herbe plongeant dans l'eau bleue :

Image jointe n°1

                      Un bateau de bois nous attend, deux heures et nous atteindrons notre destination !

Image jointe n°2

Image jointe n°3

Nos marins sont sympa, nous pique-niquons sur le pont

Le long du lac la végétation est extrêmement touffue, et on ne voit guère que les vautours palmistes (Gypohierax angolensis) , blanc et noir, perchés le plus souvent... sur un palmier ! Et Greystoke, notre camp, nous apparaît au bord du lac... en fait seul le mess est visible, le reste est caché dans la végétation.

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Le mess est très fréquenté par les corbeaux à nuque blanche (Corvus albicollis)

Image jointe n°3

Comme il est un peu tard, on pique une tête dans le lac, avant d'aller marcher un peu dans la forêt pour faire connaissance avec la montagne... Il fait très chaud et très humide. Petite déclinaison dans les insectes User image. Et mon préféré, le papillon qui joue les petits oiseaux ! (vous avez vu le bec, l'oeil ? )

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Image jointe n°3

Alors, le lendemain matin, on s'est réveillé tôt, avec du café tanzanien dans la cafetière à piston, et on est parti dans la montagne à la recherche de nos proches cousins. On était 4 ce matin-là, avec un guide. On a commencé à grimper par une petite piste dans la montagne, chargés de nos appareils photo, d'une gourde en métal à bandoulière, et de beaucoup trop de vêtements pour la température et l'humidité ambiantes.

Le chemin montait très vite, redescendait pour nous laisser traverser des torrents, regrimpait abruptement. Comme il n'avait plu qu'un peu pendant la nuit, il n'y avait pas trop de boue, et le sol ne glissait pas trop. Par moments, on entendait fuir un oiseau, on évitait un trou de cochon sauvage, on regardait les fruits de Saba florida, une liane commune dans la forêt, jetés à terre par les singes... Le Saba florida donne un fruit que les chimpanzés apprécient beaucoup, les restants de fruits jetés permettent de savoir si et quand les chimpanzés sont passés par là .

Nous transportons aussi dans nos poches des masques de chirurgie, pour ne pas souffler nos microbes sur nos amis primates, sensibles à nos germes (et sans doute plus vulnérables que nous).

Au bout d'une heure de marche rapide (les guides ici, des Tongwe à la fois très grands et très sportifs, sont de véritables grimpeurs de fond !!) nous entendons des cris et des craquements, et nous nous trouvons à une vingtaine de mètres de notre premier chimpanzé: il est assis sur une branche et déguste des termites arboricoles. C'est Bonobo, un mâle de 26 ans qui est le deuxième dans la hiérarchie de son groupe. Il paraît que les chimpanzés sont aussi différents les uns des autres que les humains. Les chimpanzés observés par les scientifiques à Mahale, deux groupes d'une vingtaine d'individus parmi les 600 recensés dans le parc national ont tous un nom.
Au bout de deux jours, nous arriverons nous aussi à en reconnaître certains. Je vous précise que si Bonobo a été baptisé ainsi, ce n'est nullement à cause de ses moeurs, car il a reçu ce nom dès sa naissance, c'est juste un clin d'oeil aux petits cousins érotomanes... User image
Nous mettons donc nos masques, puisque les cousins sont proches: il est interdit de les approcher à moins de dix mètres, pour ne pas trop les perturber et pour ne pas risquer de les contaminer, mais il est évident que cette interdiction ne vaut que pour nous, et que eux, parfois, peuvent s'approcher beaucoup plus...
A partir du moment où nous les rejoignons, nous avons droit à une heure de présence , montre en main.

Un peu plus loin, nous trouvons Primus, qui depuis quelques temps est inséparable de Bonobo. C'est un mâle de 16 ans. C'est bizarre de penser qu'ils peuvent du jour au lendemain devenir les pires ennemis. Ainsi va la vie chez les chimpanzés. User image

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Image jointe n°3

Primus se régale d'un fruit de Saba florida, une liane de la forêt tropicale. Quand c'est mûr ça ressemble un peu au citron paraît-il. Les chimpanzés, contrairement à d'autres singes moins évolués, ne cueillent les fruits qu'à maturité, s'ils en goûtent un et qu'il n'est pas mûr, ils vont ailleurs et reviennent plus tard, contrairement aux babouins qui les goûtent tous et font un gâchis effroyable...

Remarquez la jolie dentition de Primus, on conçoit pourquoi il ne faut pas agacer un chimpanzé... Le chimpanzés adultes sont parfaitement capables de vous tuer en moins de temps qu'il ne leur en faut pour dépiauter un fruit de Saba florida !

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Image jointe n°3

Ils se sont envolés dans les branches... après nous avoir bien bombardé de leurs coques de fruits. Ils sont d'une agilité étonnante, grimpant dans les arbres à toute vitesse. Ils sont à la fois extraordinairement agiles et puissants.
Nous avons remonté un peu nos masques, essuyé nos fronts, nos optiques, bu un peu, et marché encore.

Nous avons retrouvé Primus au milieu d'une trace , se cachant à moitié derrière un arbre fourchu... Son visage, je pense qu'on peut dire ça User imagenous a paru très expressif, qu'en pensez-vous ?

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Et dernier cadeau, Bonobo prend la pose pour nous. C'est un plaisir de le voir de près, même si c'est moins pittoresque que dans les branches, et même si les conditions de lumière nous font rester en 800, voire en 1600 ISO.

Image jointe n°1

Nous redescendons, accompagnés par les cris des groupes qui s'appellent entre eux, Je les enregistre sur un petit digital recorder acheté à l'aéroport d'Amsterdam, une bonne idée... BL va sûrement vous le mettre en accompagnement musical User image.

Désirs qui sont des autres, donc ici le son

Le soleil perce à travers les feuillages, la descente nous paraît facile et rapide, avec la promesse de l'eau fraîche du lac en bas, suivie de l'eau chauffée juste au moment de la douche, au kérosène. (Dans les parcs pas question d'utiliser le bois pour chauffer la nourriture ou l'eau, c'est interdit)

Après un déjeuner végétarien au mess, nous choisissons BL et moi, d'aller en bateau longer la côte vers le sud. Nous partons donc vers 16 h avec Kabeth, notre guide, et deux marins pour manoeuvrer la grosse barque en bois.

La forêt vue du lac est luxuriante, beaucoup de palmiers au bord, puis des albizias, des figuiers,des manguiers, de hauts "chestnut trees" aux troncs lisses et jaunes...

Image jointe n°1

La montagne vue du lac est spectaculaire.

Nous longeons la côte, assez près pour bien voir la rive, trop près pour éviter une invasion de tsé-tsé...
Malgré ce désagrément (le mot désagrément est un euphémisme, ceux d'entre vous qui connaissent ces bestioles voient ce que je veux dire), nous observons avec plaisir les aigles pêcheurs (pygargues vocifères) vautours palmistes, et un guib harnaché qui déambule tranquillement au milieu des babouins, sur une rare zone herbue tout au bord de l'eau.

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Image jointe n°3

La rive s'incurve et s'aplatit en une sorte de vaste marécage, peuplé d'une espèce de tisserins que nous n'avons jamais vue, les mâles sont noirs, avec les yeux jaunes et un gros bec noir de tisserin, les femelles ressemblent à beaucoup de femelles tisserins, jaunâtres et strictement non identifiables en l'absence de leur compagnon ! Ce sont des tisserins noirs de vieillot, Ploceus nigerrimus.
L'excitation des tsé-tsé est à son comble quand le bateau s'approche du bord, et c'est dans le bruit des claques et l'agitation des chasse-mouches que nous essayons de faire quelques photos !
Dommage car, outre les tisserins, il y a de nombreux alcyons pies (martins-pêcheurs pies)

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Image jointe n°3

Les tsé-tsé ont raison de nous, et nous mettons le cap vers le large, quand de nouveaux arrivants viennent nous faire une petite danse à contre-jour User image

Les marins et notre guide profitent du retour pour pêcher quelques Kuhay, que nous mangerons ce soir en sashimi. Ce sont de beaux poissons avec des teintes jaunes et vertes, très faciles à attraper, mais dont la pêche a toujours été raisonnable pendant notre séjour, les gens du camp, ou les hôtes, en prenant en tout juste le nombre utile pour nourrir notre petite communauté.

Image jointe n°1

Image jointe n°2

Image jointe n°3

Mahale jour 2  Mahale jour 3 haut de page